vendredi 9 mai 2014

rio bravo (pareil)

Peut-être que je ne suis pas faite pour les westerns, voilà tout. Après tout, pourquoi une girafe baverait-elle devant des humains qui galopent après des vaches, tirent sur des indiens ou boivent du bourbon au comptoir d'un vieux saloon ?...
Mais là, je me disais, quand même, Rio Bravo, ce film tellement mythique pour tous les cinéphiles, ça doit changer du film de cowboys ordinaire... Je dois préciser à mes lecteurs patients (oui, j'étais en cure pour un méchant torticolis pendant quelques semaines) que j'ai longtemps confondu Rio Bravo avec La vengeance aux deux visages, que j'ai vu jadis chez ma grand-mère girafe et qui m'a beaucoup impressionné. Le regard ténébreux de Marlon Brando, la petite mexicaine aux yeux noirs, je n'ai jamais oublié ces images mais j'ai lamentablement mélangé le nom du personnage principal, Rio donc, avec le titre du film d'Howard Hawks qui nous intéresse ici. Ou pas. Moi, je me suis un peu ennuyée. Oui, je sais, allez-y, lapidez-moi, expliquez-moi ce que je n'ai pas su voir. Mais j'ai trouvé ça désuet, John Wayne ressemble plus à un vieux travesti des Batignolles (j'en ai fréquenté dans ma jeunesse) et les séquences chantées par Dean Martin m'ont fait pouffer dans le velours du siège de devant. En revanche, la prestation d'Angie Dickinson m'a laissée sans voix. Face à tous ces machos mal rasés (ou trop bien si on se concentre sur John Marion Wayne), elle impose son jeu et sa féminité dévorante avec un certain panache, et se démarque justement des rôles classiques de poulette de saloon. Ne vous méprenez pas, si je n'ai pas été emballée plus que ça par Rio Bravo, je n'ai pas pour autant détesté le film et ai plutôt passé un bon moment. Mais je suis restée sur ma faim. Comme avec un bel acacia. Mais par rapport à Rio 2 que j'ai malheureusement aussi vu, il est certain qu'il n'y a pas photo...

(girafe média : on n'applaudit pas)

letter from an unknown woman (lettre d'une inconnue)

Stefan Zweig. Vienne, 1900. On est bien loin de la savane où j'ai grandi. Et pourtant voici une histoire comme on en a tous vécu, même nous les girafes du XXIe siècle.
Car ne vous est-il jamais arrivé, chers lecteurs, d'écrire après coup, voire des années plus tard, une lettre, un courriel ou un sms à quelqu'un que vous aviez passionnément aimé et qui ne le savait pas forcément. Certes, on n'est pas obligé d'avoir expérimenté le typhus, d'avoir perdu son fils de cette maladie pour en arriver là. Curieusement, je peux penser à plusieurs expériences similaires où j'ai écrit ma flamme à retardement pour l'être dont j'ignorais s'il avait lui-même éprouvé quoi que ce soit pour moi, mais je n'ai jamais reçu de telle lettre.
Dans le film de Max Opüls (aussi étrange que cela puisse paraitre, le générique commence par une coquille sur le nom du réalisateur !), le personnage principal, tout talentueux qu'il est n'en est pas moins un odieux coureur de jupons et la belle Joan Fontaine a le malheur de se laisser séduire toute jeune par ce bellâtre qui causera sa perte. On retrouve dans ce film, également, toute la thématique des groupies, des adolescentes avec des posters de leurs idoles dans leur chambre, et ce dix ans avant l'invention du rock'n'roll !

(girafe média : prenez vos mouchoirs)

lundi 17 mars 2014

une femme douce


Premier film français de cette odyssée au long cou(rs), on peut dire que ça commence très fort. Moi qui n'avais jamais vu de films de Robert Bresson et qui souffrais donc d'un sérieux complexe lors des soirées cinéphiles mondaines auxquelles il m'arrive de participer, quand, au détour d'une conversation endiablée, un des convives ne peut s'empêcher de qualifier de "bressonnien" ou de "très Bresson" tel passage d'un film dont il est question. Quand cela arrive, inutile de vous dire que je tasse mes vertèbres autant que possible et que je reprends deux gorgées de whisky (mais sans Xanax) pour ne pas trahir mon inculture. Mais, en sortant d'Une femme douce, je me gausse pas mal...
Si l'héroïne se défenestre dès le début du film, c'est à la sortie qu'on a envie de se jeter sous les roues d'un bus, non pas du même désespoir que la jeune femme incarnée par Dominique Sanda, mais de consternation. En effet, l'héroïne a un gros avantage sur nous, c'est qu'elle meure avant d'avoir vu le film. Nous, en revanche, il nous faut nous avaler le monologue de son veuf de mari face à son corps sans vie qui raconte à la vieille bonne Anna l'histoire de leur mariage, alors que celle-ci a assisté quasiment en direct à toute leur vie commune. On passera sur ce qui a pu plaire à la jeune femme chez cet homme au charisme tout devedjianien et au ton tout "bressonnien", paraît-il, c'est-à-dire, qu'il dégage l'émotion d'un cabillaud demandant l'heure à une huître. On revit donc avec la pauvre bonne, qui demande même de pouvoir prendre des congés, tellement le choc de voir sa maîtresse sauter sous ses yeux mais surtout se taper 1h30 de lamentations du mari lui est insoutenable, et on la comprend, la vie morne et sans issue de ce couple mal assorti qui tue l'ennui devant Hamlet, au cinéma, dans les musées et monte et descend les escaliers, sans doute pour nous faire prendre conscience de la hauteur du balcon fatal. Ce dont je suis certaine, c'est que le film gagnerait à être muet, tant les dialogues sonnent faux, ce qui semble être la marque de fabrique du maître Robert. Cela permettrait de se concentrer sur le cadrage et le soin des images et on éviterait de pouffer à tout bout de champ :

LUI. — Et vous? Que désirez-vous? 
ELLE. — Je ne sais pas. Autre chose, de plus large. Le mariage légal m'assomme.
LUI. — Réfléchissez, des centaines de milliers, des millions de femmes le désirent.
ELLE.— Peut-être. Mais il y a aussi les singes.

Singes que l'on voit dans la scène au jardin des Plantes et que j'ai, personnellement, pour les avoir côtoyés dans ma jeunesse, toujours méprisés.

(girafe média : évitez la projection si vous êtes allergique aux escaliers)

mardi 11 mars 2014

phantom of the paradise (pareil)

Contrairement à vous, les humains, nous, les girafes, ne croyons pas aux fantômes. Pour la bonne et simple raison qu'il est peu probable de trouver une parure de drap de six mètres de long pour se cacher dessous en faisant houhou, alors que mes semblables se manifestent rarement par la parole. En revanche, vous l'aurez compris, les léopards, les félins de toutes sortes, les serpents et les crocodiles, ça nous fait prendre nos pattes à notre cou en moins de deux. C'est donc sans aucune forme d'appréhension que je suis allée voir la version restaurée du chef d’œuvre barock de Brian de Palma, même si l'affiche est pour le moins inquiétante. Mais pour une demoiselle qui, dans ses jeunes années rebelles, tressait elle-même ses bas-résille pour rejouer les grands airs du Rocky Horror Picture Show, il faut bien reconnaitre qu'on est ici en terrain conquis. La même outrance kitsch, le même sens de la parodie avec parfois des similitudes troublantes entre les personnages (du fait du clin d'oeil commun à Frankenstein - on ne saura pas si De Palma avait vu la comédie musicale ou si Jim Sharman s'est inspiré du Phantom sorti un an plus tôt), eh bien oui, je me suis sentie rajeunir, comme si mes taches s'éclaircissaient à nouveau et j'ai dodeliné de la tête tout au long des chansons, ce qui a créé quelques courants d'air et rhumes chez mes voisins de projection. Pour ceux qui finissaient par penser que je fais le fin museau sur tous les grands classiques, je tiens à préciser que, là, je trotte à fond, je tremble avec ce pauvre Winslow, je vibre sur sa musique, bref, comme diraient les girafons, je kiffe ma race. Et puis c'est pas tous les jours qu'on a Faust, Dorian Gray, Frankenstein et Norman Bates dans un même film... Et enfin, Jessica Harper dansant avec ses cheveux lors de son premier passage sur scène, ça donne envie de secouer la croupe dans les allées du Cinématographe... et je ne m'en suis pas privée. Il faut dire que je commence à être une habituée.

(girafe média : youhou !)

lundi 3 mars 2014

bringing up baby (l'impossible monsieur bébé)

Avant de commencer ma chronique sur ce film légendaire, je tiens, une bonne fois pour toutes, à m'exprimer sur la pertinence des traductions de titres de films en français... Voyez celui-ci : L'impossible Monsieur Bébé. Personnellement, ne l'ayant jamais vu avant cette semaine, j'ai toujours cru qu'il s'agissait d'un film où Cary Grant interprétait un adulte régressif, au comportement puéril. J'ignorais que derrière "Monsieur Bébé" se cachait en fait "Baby" et que ce Baby était un... ah, rien qu'à dire le mot, j'en ai la crinière qui se hérisse... un léopard. Alors je veux bien que vous les humains, vous ayez besoin de faire appel à la gent animale pour pimenter vos comédies, ah oui, c'est drôle un éléphant peinturluré dans The Party, une vache au bras de Fernandel, un poisson qui sert de déjeuner, mais là, je crois que vous allez trop loin. Il y a des animaux avec lesquels on ne saurait plaisanter ! Et il faut être sotte comme Katharine Hepburn pour voir en ce Baby un gros chat mignon ! Elle a failli payer très cher sa naïveté, d'ailleurs. Il s'agit d'un léopard, nom de Noé ! Un fauve aussi furieux que sanguinaire, qui n'a de sympathique que son pelage tacheté, et en général quand vous prenez le temps de l'admirer dans la savane vous avez déjà ses crocs qui enserrent votre rotule. Non, j'ai trouvé le choix de cet animal de très mauvais goût. On voit bien qu'il s'agit d'un fourbe. Alors certes, les situations sont burlesques, le rythme est soutenu, le tandem Grant-Hepburn désopilant, mais zut quoi, la prochaine fois, Monsieur Hawks, prenez un lama ou un zèbre, vous m'éviterez des cauchemars à répétition depuis la séance de jeudi et vous ferez autant rire le public.

(girafe média : ce film comporte des images de prédateurs qui peuvent terroriser les girafes, antilopes et autres gazelles)

mercredi 26 février 2014

vertigo (sueurs froides)

Revoir Vertigo, c'est toujours un moment unique, si vous me permettez l'oxymore, mais je me sens le cœur à la figure de style aujourd'hui. Ce film que j'ai longtemps peiné à comprendre par manque d'empathie - oui, voyez-vous, l'histoire d'un gars qui a peur du vide, ça nous touche assez peu, nous, les girafes, vu nos valvules de la jugulaire qui régulent l'afflux sanguin dans notre cerveau lors des changements de hauteur - est aujourd'hui un de mes préférés, que j'ai toujours plaisir à redécouvrir sur grand écran. Outre le scénario impeccable, la musique de Bernard Hermann me donne des sueurs froides (ce qui est pour moi la seule explication du titre français), mais est surtout d'un bout à l'autre du film envoutante, tout comme le regard perdu de Kim Novak, alias Madeleine, alias Carlotta Valdes, alias Judy - oui Hitchcock aurait pu appeler son film Schizo. On tremble avec le personnage de James Stewart, on tombe amoureux avec lui, on refuse la vérité, on s'éprend à nouveau et puis on arrête à un moment de s'identifier parce que voilà c'est un homme, souffrant de vertige et un peu dérangé lui-même et je ne suis qu'une giraffa camelopardalis femelle et un brin désenchantée. Mais c'est là le génie du petit Hitch qui nous prend par les tripes et nous balade comme son héros dans les rebondissements et les répétitions du destin de son personnage. Comme je ne vous cache rien, je vous avouerai que, il y a quelques années, pour conquérir le cœur d'un mâle girafe brisé par un chagrin d'amour et inconditionnel de ce film, tout comme moi, je me suis moi-même décoloré les poils des ossicônes pour lui rappeler son ancienne amoureuse. Je n'ai pas réussi à me faire le chignon de Madeleine pour autant, ce qu'il m'a reproché, le mufle. Oui, vous l'aurez compris, je ne suis pas souvent tombée sur des gentlemen. Mais je me suis consolée très vite en me disant qu'il aurait pu être fan de Psycho et rendre fatale ma toilette quotidienne.

(girafe média : un sommet !)

all that heaven allows (tout ce que le ciel permet)

Un fidèle lecteur m'avait recommandé la projection de ce film de Douglas Sirk, dont j'ignorais tout. Je me rendis donc au Cinématographe sans préjugés mais avec quelques feuilles d'eucalyptus, puisque des spectateurs s'étaient plaint de mon souffle aigre pendant les séances précédentes. J'imagine que mon lecteur et conseiller pensait me délivrer un message subliminal avec cette histoire de veuve qui peine à accepter son amour pour un beau jeune homme plus jeune qu'elle, face à la pression de ses enfants et de sa communauté conservatrice. Sans doute, essayait-il de me dire avec ses mots : "Voyons, Papouloula, cesse de déprimer et de te languir, trouve-toi un petit girafon bien musclé avec qui élaguer quelques arbres et te réchauffer pour l'hiver..." Tant de sollicitude me touche, certes, mais, je l'ai déjà dit, c'est pas les membres de mon espèce qui courent les rues à Nantes, et ce n'est pas moi qui fait le fin museau en restant célibataire. Et puis, je ne suis pas veuve, je n'ai pas d'enfants, et il n'est pas né celui qui me séduira en coupant du bois, alors que j'arrache les branches très bien toute seule ! Après en avoir parlé avec lui, à l'issue de la projection qui m'a laissée fort pantoise, je comprends qu'il voulait plutôt combler un vide de ma culture cinématographique en matière de mélodrame. Puisqu'il s'agit d'un chef d’œuvre du genre, parait-il. Oh depuis, j'ai pris des cours du soir en la matière, et il est vrai qu'une fois qu'on a accepté tous les codes kitsch et tire-larme du scénario, les plans sur la nature et les chevreuils qui cherchent à manger dans la neige, c'est très certainement un chef d’œuvre, mais, et ça restera entre nous, je suis passée complètement à côté. Ce film m'aura au moins permis de voir que je ne suis pas la midinette que je croyais, la larme toujours prompte, ce qui me vaut des reproches de mes voisins, car une larme qui tombe de 3m de haut sur votre crâne, vous la sentez passer ! Je suis ressortie plus perplexe que bouleversée, totalement insensible au bronzage de Rock Hudson le jardinier et incapable de voir ce qu'il y avait de magistral dans ce film à part un soin des couleurs qui m'a fait plusieurs fois penser à Mary Poppins, sauf qu'à défaut de s'envoler, le héros se ramasse dans un gros tas de neige. Mais je reste sceptique sur la base du scénario et l'histoire de cette femme mûre, car, voyez-vous, chez nous les girafes, on n'a jamais trop pu saquer les cougars...

(girafe média : mouais...)

mercredi 19 février 2014

artists and models (artistes et modèles)

Vous allez me trouver un brin condescendante, mais c'est un peu normal vu les efforts cervicaux que je dois fournir pour me mettre à votre hauteur, chers lecteurs, mais franchement, je trouve la réputation de Jerry Lewis totalement usurpée. Je n'avais jamais vu de films de ses débuts mais, dans Artists and Models, il fait vraiment passer son héritier Jim Carrey pour un clone de Laurence Olivier. Je veux bien que dans les fifties, on se soit contenté de quelques mimiques simiesques (les singes ne m'ont jamais fait rire non plus, remarquez, et c'est pas faute d'avoir grandi au milieu d'eux) et effets de voix pour se remettre à rire après les horreurs des forties mais quand même, je préfère un bon Laurel & Hardy à ces gesticulades hyperactives et outrancières.
Je me considère plutôt bon public, même si vous aurez eu l'occasion de remarquer que j'ai parfois beaucoup de mal à faire la part des choses entre ce qui se passe sur l'écran et ce qui a pu m'arriver dans la savane... mais ne sommes-nous pas tous semblables ? C'est pourquoi j'ai été profondément agacée par le constant recours au strabisme de Mr. Lewis pour ponctuer toutes ses répliques ou répondre à ses partenaires. Oui, s'il y a une chose qui m'agace, moi qui suis pourtant célèbre parmi mes consœurs girafes pour ma mansuétude et ma sérénité (ce qui m'a valu le surnom par ma cousine Zamzoula du zoo de Pékin de "lama céleste de la bonté" - oui, à force d'être entourée de pandas et de tigres, ma cousine pense que nous sommes des camélidés patagoniens, elle a toujours été un peu simplette), s'il y a une chose qui m'agace c'est qu'on se moque des gens qui, comme moi, louchent. C'est suffisamment difficile à vivre au quotidien et j'en ai entendu dans ma courte vie, même si les humains me laissent en paix de ce côté-là, la hauteur me permettant de cacher cette infirmité. Alors, je n'ai pas ri. Je me suis énervée sur mon siège, j'ai raflé la moquette des quatre sabots et ce n'est pas la voix sirupeuse de Dino Paul Crocetti, alias Dean Martin, qui m'a détendue. Je ne suis pas très crooner non plus, désolée. Et puis, entre nous, toute cette histoire est cousue de fil blanc, comme la grenouillère jaune de Shirley McLaine, et je doute que les scénaristes se seraient permis des blagues sur Vincent the Vulture s'ils avaient grandi sous la perpétuelle menace de vautours charognards à la porte de leur chambre ! Je n'en ai pas fermé l’œil de la nuit !

(girafe média : bouh !)

dimanche 16 février 2014

get carter (la loi du milieu)

"Do you want to be dead, Albert ?" Voilà une phrase qui fait sourire à condition de réunir les trois conditions suivantes :
1. Vous ne vous appelez pas Albert
2. La personne qui vous la dit n'est pas armée (il pourrait se tromper de prénom)
3. Elle est prononcée par Michael Caine dans "Get Carter"
Aaaaah, Michael Caine...
Oui, je vous l'avoue, chers lecteurs, s'il y a un homme qui me fait de l'effet, qui me rend toute chose et qui pourrait me faire penser à fonder une famille avec un humain, c'est bien lui : Sir Michael Caine, même si sa reine ne l'a pas encore anobli, pour moi, c'est le seigneur du cinéma, la grande classe incarnée, le sex-appeal au masculin, bref l'homme idéal. Enfin pour être mon homme idéal, il lui manque quand même 2,50m au niveau de l'encolure, mais bon... Et dans Get Carter, Sir Michael crève l'écran, à chaque image. Nu comme un ver et armé ou courant à toutes jambes dans son imper dans la grisaille bétonnée de Newcastle, il est Carter, ce gangster impeccable, venu venger la mort de son frère sur les lieux de sa jeunesse.  Et il ne faillit pas face à toutes ces trognes du milieu provincial anglais, plus hostiles les unes que les autres, à l'accent à couper au couteau (ce qu'il finit par infliger au brave Albert qui n'est pas bien clair dans sa réponse à la question sus-citée). Voilà un film qui inaugure merveilleusement cette décennie bénie du cinéma, avec ses poursuites, ses personnages sans scrupules et ses bandes-son qui vous hérissent la crinière de bonheur. Les admirateurs de Michael Caine retrouveront avec délice sa mimique de souffrance cruelle, quand il achève un ennemi, en retroussant ses narines et en serrant toutes ses dents, les paupières à demi baissées, et la mèche normalement impeccable, soulevée par le vent, non, vraiment, quelle prestance ! Et pour ceux que le jeu de Michael Caine insupporterait (mais comment est-ce possible ?), il y a Britt Ekland, l'ex-Madame Sellers, dans un petit rôle qui confirme l'adage célèbre "Un film avec Britt Ekland ne peut pas être complètement mauvais".

(girafe média : des images peuvent heurter, girafons sensibles s'abstenir)

mardi 11 février 2014

nous sommes tous des girafons danois (tribune)

Je n'avais pas pour objectif d'utiliser ce blog à des fins politiques mais l'heure est grave.
Marius, girafon danois du zoo de Copenhague, autant dire mon petit frère si je n'étais pas fille unique, a été euthanasié en public et jeté comme un vieux BN aux lions devant les caméras, sous prétexte que son patrimoine génétique n'était pas intéressant.
Eh bien, Marius, camarade, tu ne seras pas mort pour rien !
Sache que ta sœur Papouloula, du fin fond de sa pluvieuse retraite, pense à toi et pleure ton assassinat.
Et je prends mes lecteurs à témoin : jamais plus je n'irai voir ni ne chroniquerai un film du danois Lars Von Trier, complice par son silence de ce massacre. Ravalez vos Smørrebrød dégoulinants, Monsieur Von Trier, en espérant qu'ils aient un vieux relent de viande de girafe, et étouffez-vous avec.

RIP Marius. Neck Power!

jeudi 6 février 2014

manhattan (pareil)

"Dans les rues de Central Park, y a des noirs portoricains..."
Pas moyen de me sortir la chanson d'Yves Simon en attendant la séance de Manhattan, dans une salle archicomble. Yves Simon, pour mes lecteurs nés après 1985, est un auteur-compositeur-interprète et écrivain français connu notamment pour ce vers : "Maman on va cueillir des pâquerettes au pays des merveilles de Juliet, nanananananananana nananananananana". Oui, j'aime aussi la chanson française. Mais ce soir, c'est la musique de Gershwin qui restera ce que j'ai préféré de ce film de Woody Allen, je crois que vous aurez compris que je suis une girafe mélomane. Certes, il y a les images noir et blanc et la très belle photo de Gordon Willis mais franchement, entre nous, le gars Woody ne s'est pas trop foulé... Il y a bien sûr quelques dialogues savoureux, aux punchlines mortelles, comme disent les girafons d'aujourd'hui, mais bon ça se regarde le nombril et ça ronronne un peu le pattes d'eph et la permanente. Vous sentez poindre l'amertume sous le voile tacheté de la déception ? J'attendais mieux de Woody, car l'audace de ses premiers films rendaient l’œuvre d'Allen fraiche, contrairement au souffle un peu chargé de ce film, qui, pourtant ne manque pas de bonnes idées scénaristiques. Mais il m'a manqué le côté sulfureux de l'histoire d'amour de Gene Wilder et Daisy (dans Everything you always wanted to know about sex... but were afraid to ask), par exemple, qui reste pour moi un sommet de sa création. Mais je manque forcément d'objectivité, rêvant moi-même de séduire enfin un jour un humain qui n'ait pas peur de passer son bras autour de mon cou... Et voilà que j'entends les trois dames de l'avant-dernier rang, qui n'ont pas remarqué l'ombre longiligne au-dessus de leurs têtes grisonnantes, s'indigner des dérives morales soulignées dans le film : un couple lesbien qui élève un enfant, un homme mûr qui séduit une adolescente... hé les filles, on se détend, on n'est plus en septante-neuf, que diable... Je ressors du Cinématographe un peu chafouine (et fâchée également de la piètre qualité de la copie) et me jette sur mon tupperware de feuilles d'eucalyptus en fredonnant :
"J'ai rêvé New York, j'ai rêvé New York j'ai rêvé New York
New York City sur Hudson".

(girafe média : peut mieux faire)

dimanche 2 février 2014

citizen kane (pareil)

N'allez pas croire, chers lecteurs, que mon inculture est aussi crasse que ça. J'avais déjà vu, dans ma jeunesse, le monument du grand Orson, film mégalomane sur un mégalomane, écrit, réalisé et interprété par un mégalomane, mais qui fait toujours son petit effet. Il se trouve que, de toute l'intrigue, la seule chose dont je me souvenais était la clé, le mystère des derniers mots du héros "Rosebud". Cette réplique culte - souvent injustement attribuée à Terence Hill répondant à son acolyte attitré, qui lui demandait la couleur de la panthère rose de Blake Edwards - m'avait marquée à l'époque de ma première rencontre avec le film et du coup, dès les premières images, je n'étais plus esclave du suspense voulu par M. Welles et pouvais donc me concentrer pleinement sur les mouvements et les angles de caméra, toujours audacieux, ainsi que le montage et l'enchainement des plans. Y a pas à dire, même à ses débuts, il savait s'y prendre le gaillard. Et j'ai eu plaisir à voir qu'en 1941, il obtenait de meilleurs résultats de ses maquilleurs que la plupart des réalisateurs hollywoodiens d'aujourd'hui, toujours très mauvais quand il s'agit de faire vieillir le personnage principal avec le même comédien. D'ailleurs ce compliment n'est valable que pour Orson, car ses partenaires devaient sûrement, par contrat, lui céder la primeur en loge maquillage, tant le talc est visible dans leurs cheveux ou le trait de crayon censé marqué les rides est grossier. Mais je garde tout de même une tendresse particulière pour ce film, qui a le mérite de mettre en scène deux de mes semblables, que l'on entrevoit dans le jardin de la propriété Xanadu, girafes prêtées par le zoo de Los Angeles et qui ont fini boursouflées par les excès d'alcool et de barbituriques, comme quoi nous sommes une population fragile et avec une grande difficulté à gérer la célébrité. Il est intéressant de noter la passion d'Orson Welles si tôt pour les girafes, puisque, plus tard dans le film, son épouse confond une ombre chinoise de coq avec l'animal qui vous parle, quand on connait, comme vous maintenant, l'importance de ma lignée dans la carrière de ce cinéaste (voir ma chronique de touch of evil). Nul doute que nous aurions fait partie de l'arche d'Orson, si celui-ci avait dû affronter un déluge. Tiens, justement en parlant de luge...

(girafe média : excellente prestation de Belinda (1931-1950) et Zulma (1927-1948) au bout de 7mn - tout public)

vendredi 31 janvier 2014

the apartment (la garçonnière)

Je ne voudrais pas que, à ce stade de cet exercice cathartique, vous soyez, mes chers lecteurs, tentés par un jugement hâtif et facile, raccourci intolérable pour celle qui a fait de sa longueur son atout principal. Je ne doute pas que vous donniez raison à mon analyste breton déjà cité qui me reproche ma tendance névrotique à la paranoïa, mais il faut bien reconnaître que l'accumulation des faits est confondante. C'est le cœur léger et les taches alertes que j'allais hier soir me divertir devant un vieux Billy Wilder, qui m'avait tant fait rire avec son "One Two Three". Sans vouloir accuser qui que ce soit, je me dois de constater que la programmation du Cinématographe insiste lourdement depuis quelques films sur certains passages, souvent douloureux, de ma biographie. Sans doute que la présence systématique d'un mammifère de 5,50m perturbe quelque peu le calme des projections, mais de là à me persécuter... Oui, je sais, le Dr. Le Goaper me le répète sans arrêt, je ne devrais pas tout ramener à ma grande personne, mais jugez plutôt. Dans The Apartment, Jack Lemmon, alias CC Baxter - pathétique dans sa tentative d'imiter les mimiques de Jim Carrey - sauve du suicide Shirley McLaine, alias Fran Kubelik, qui avale tout son flacon de somnifères alors qu'elle se trouve dans l'appartement de Baxter. S'en suit une scène interminable de sauvetage par le voisin de Baxter, médecin de son état, qui effectue un lavage d'estomac à la jeune femme, dont aucun détail sonore ne nous est épargné. Coïncidence sur le désespoir d'une jeune femme bafouée dans une métropole occidentale, me direz-vous... moi j'y vois un clin d'oeil démoniaque à mon triste destin. Il m'est arrivé, dans un passé proche sur lequel je ne souhaite pas revenir, car j'ai ma petite pudeur à parler de moi, contrairement à ce que vous pensez peut-être, d'avaler tout une cartouche de tubes de Valium (environ 4000 comprimés) et mon compagnon d'alors, directement responsable de ma condition déplorable, mais dont je tairai ici le nom, pour ne pas nuire à sa réputation (il se reconnaitra aisément, et c'est justice), a dû me pomper le contenu des quatre parties de l'estomac avec un aspirateur, et croyez-moi, le temps que ça remonte jusqu'en haut, il faut y mettre de l'énergie... Bref, il y a certains épisodes douloureux qu'on n'a pas tellement envie de voir portés à l'écran et j'en veux beaucoup à M. Wilder d'avoir insisté sur cet aspect de l'intrigue. Même si je comprends la tentation du sordide et du voyeurisme pour servir de viles arrières-pensées et décrocher un Oscar... Et merci de rallonger un peu plus la durée de ma thérapie...

(girafe média : non !)

west side story (pareil)

La salle du Cinématographe est comble. Beaucoup de petites filles déposées le temps des 2h32 par leurs parents et une seule girafe, votre serviteuse, fidèle du dernier rang. Je vous passe les exclamations admiratives et interpellations de ces enfants à mon attention, certains poussant même la curiosité à venir me caresser la nuque. Les clichés animaliers ont la peau dure, tout comme nous, et les humains se croient toujours obligés de nous peigner quand ils nous rencontrent... Alors qu'ils feraient mieux de surveiller ce que regarde leur progéniture dans les salles obscures, car enfin, soyons raisonnables. Certes, il y a la musique de Bernstein qui me flanque la chair de poule tout le long du cou, et les robes colorées, mais le reste n'est que vengeance, luxure et apologie de la violence urbaine. Ce genre de choses ne passerait pas chez nous, girafes ô combien pacifiques. Oui, je sais, il y a l'amour de Maria, Maria, Mariiiiiiiiiiiiiaaaaaaa pour le jeune minet Tony, et je me suis prise moi-même dans ma jeunesse, à l'âge où l'on ne connait pas le danger, à vouloir conter fleurette à un jeune lionceau au regard troublant (son père avait doublé Clarence dans Daktari) et mon cœur a maintes fois chaviré à la vue de son corps musculeux dans la savane, encore frêle mais déjà intimidant. J'ignorais tout de ce qui nous sépare de sa famille depuis des siècles, je ne pouvais pas deviner que la nature, dans sa cruauté, nous avait faits ennemis héréditaires. Je l'aimais moi ce Jeffrey. Oui, il s'appelait Jeffrey et était végétarien, ce qui écartait tout risque pour ma santé. Ah, Jeffrey... Il chantait dans la savane "I've just met a giraffe named Papouloula, And suddenly that name will never be the same to meee"...
Oui, Jeffrey, non content d'être lion et végétarien, ce qui lui valait des remarques assez humiliantes de ses comparses félins, était aussi anglophone et mélomane. Vous auriez vu sa gueule béante quand il chantait et me jurait son amour, tout en prenant ma défense contre ses camarades qui voulaient faire de moi leur goûter. Pas besoin d'être Shakespeare ou Jerome Robbins pour savoir que ça allait mal finir. Nous étions jeunes et nous nous jurions de parcourir le monde, en nous nourrissant de feuilles et d'eau fraiche... rien que d'y repenser, j'en suis toute retournée. Jusqu'au soir où un de mes camarades de classe Dimitri, girafon belliqueux fracassa le crâne de Jeffrey d'une ruade, me privant à jamais de cet amour unique et impossible.
Alors, vous comprendrez que revoir toute sa jeunesse racontée sur l'écran par des jeunes minets en chemise colorée qui tortillent de la croupe avant de se mettre des coups de couteau, c'est non seulement cruel et douloureux pour moi mais surtout quel exemple pour la jeunesse... 
C'est les yeux bien rouges que je ressortis de la salle de cinéma en ce samedi après-midi, tandis que les parents nombreux attendaient dans la rue que leurs petites filles veulent bien me lâcher les ossicônes. Je décidai de leur montrer mon plus profond mépris en allongeant le cou vers le lampadaire et remontai la rue en direction du centre-ville en pensant à Jeffrey et ses chansons...

(girafe média : déjà vu !)

mercredi 29 janvier 2014

breakfast at tiffany's (diamants sur canapé)

Alors, patte gauche : do, mi, sol, la et à droite sol, ré, do... pff... ce Mancini ne composait pas pour les ongulés artiodactyles... J'ai longuement hésité à aller voir ce film, réalisé par un homme qui a consacré la moitié de sa carrière à une panthère, animal belliqueux que j'exècre. Mais j'y suis allée au moins pour la musique, ah Moon river, wider than a smile.... Je n'ai pas regretté. D'abord chanté par Audrey Hepburn, c'est un peu moins gluant que par Franck Sinatra et puis, à défaut d'arriver à la jouer sur mon piano, j'ai pu la fredonner dans la salle du Cinématographe où je me suis encore attirée des regards réprobateurs dans l'obscurité (vous savez ces regards dont on ne voit que le blanc de l'oeil qui brille à la lumière de l'écran, mais dont on devine l'aspect réprobateur tout naturellement). C'est vrai que le film est un peu décousu, je trouve mais cette petite Lula Mae qui devient Holly Golightly, je me suis tout de suite identifiée. Oui, je n'ai pas toujours été Papouloula, mais c'est une autre histoire. J'ai été happée par ses mésaventures - elle qui est harcelée par les hommes qu'elle séduit involontairement, ses problèmes de nutrition, ses inconstances et ses imperfections mais toujours ce sex-appeal et ce regard perdu, cette fille qui n'appartient à personne et à qui personne n'appartient... tout moi, quoi. Sauf que moi, avec la taille de mon cou, j'ai toujours jugé plus réaliste de faire les vitrines de Svarovsky que de Tiphanny's...
Mais voilà, j'étais bouleversée et ce film recelait pour moi tellement de révélations inattendues. Par exemple, cette brunette d'Audrey est blonde dans ce film, qui l'eut cru... et puis il y a ce Paul qu'elle appelle Fred tout au long du film. Avec son air un peu niais et ses yeux bleu azur, il me rappelait quelqu'un tout au long du film. George Peppard, son vrai nom, en revanche ne me disait rien. Mais bon sang, mais c'est bien sûr, me disais-je une fois sortie dans la rue, en prenant un air dégagé, face aux badauds qui systématiquement me dévisagent en ville, Hannibal Smith "I love it when a plan comes together (crachage de bout de cigare)". Oui, car j'ai aussi regardé la télévision dans les années octante. L'amant d'Audrey Hepburn a donc fini dans l'Agence tous risques... quelle dégringolade pour celui qui passe son temps à descendre et monter des marches tout au long du film.
Voilà, excusez la pauvreté de cette chronique, mais je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner et "A girl can't read that sort of thing without her lipstick."

(girafe média : pour girafes adultes et adolescentes)

dimanche 26 janvier 2014

touch of evil (la soif du mal)

Depuis toujours, j'avais refusé de voir ce film d'Orson Welles, malgré mon goût pour ce réalisateur. Mais voilà, il fallait que je sache...
Je pense que nombreux sont les spectateurs qui se demandent comment M. Welles a réussi ce plan séquence interminable et millimétré qui ouvre son film et qui est entré dans la légende du cinéma. Eh bien, parfois, la légende se fait sur le dos d'honnêtes girafes...
Figurez-vous que mon grand-père a tenté sa chance dans les années 50 à Hollywood. Ayant eu des contacts réguliers avec les studios, il apprit que le gros Orson cherchait une solution pour réaliser une scène irréalisable, avec des mouvements de caméra plongeants et au niveau du sol, et eut l'idée de proposer ses services. En effet, en plaçant la caméra sur sa tête, mon grand-père pourrait aisément monter et descendre son cou par-dessus les décors de la scène et donner au maître la possibilité de réaliser cette prouesse. La rencontre entre le réalisateur barbu et la jeune girafe ambitieuse et inventive qu'était mon Pépéloula eut lieu au zoo de Beverly Hills pour éviter d'éveiller les soupçons. Mon grand-père exposa à Orson Welles tout son plan de tournage et ce dernier dut constater que c'était là la solution miracle pour concrétiser son idée scénaristique. Il proposa une forte quantité de fourrage à mon grand-père en guise de rémunération et organisa de nuit le transfert de mon aïeul vers les studios de tournage. On connait l'exigence et la minutie du maître du cinéma américain et mon Pépéloula avait sans doute sous-estimé l'ampleur de la tâche. En effet, les mouvements de caméra s'avérèrent très simples à reproduire pour lui, à part le passage où elle recule dans le carrefour, mon grand-père ayant peur des voitures. Mais il n'avait pas du tout songé au défi que représentait pour les figurants, les véhicules et les acteurs principaux cette scène qui ne fonctionnait que dans sa perfection. A la trente-huitième prise, mon Pépéloula présenta des premiers signes de fatigue, mais Orson demeurait intraitable. "Come on good boy, you can do it!" disait-il pour l'encourager. La trente-neuvième fut la bonne, Welles hurlait de joie au milieu des décors, oubliant l'exploit réalisé par mon ancêtre. Celui-ci, épuisé par tant d'efforts, fit un faux mouvement et se coinça la 13e cervicale juste au moment du "cut". Il dut jusqu'à la fin de ses jours porter une minerve (de 1,50m de long) et en voulut beaucoup à Orson qui ne lui offrit même pas un whisky pour accompagner les 60 kg de fourrage promis. Bref, autant vous dire que dans la famille, la Soif du Mal porte bien son nom... La seule consolation pour mon grand-père fut sa rencontre avec Marlene Dietrich, qu'il admirait, brune pour l'occasion, avec qui il eut une aventure mémorable et fougueuse au grand dam de Charlton Heston, éconduit par la diva du fait de son maquillage mexicain grotesque...
Enfin, si je puis me permettre un avis personnel, je constate que Janet Leigh devrait éviter de fréquenter des motels dans ses films, car ça ne lui réussit vraiment pas...

(girafe média : des idées peuvent heurter, et pas que les cervicales)

vendredi 24 janvier 2014

the magnificent seven (les 7 mercenaires)

J'ai commencé mon rattrapage de retard cinéphilique avec un western. Mais pas n'importe lequel. Un qui commence avec une musique un brin enlevée à vous faire galoper dans les rangées du cinéma. Malheureusement, m'étant suffisamment faite remarquer au dernier rang de la salle obscure où je me destine à lancer ma carrière de chroniqueuse au long cou, je renonçai à cet élan que m'imposait la rythmique du générique d'ouverture. Oui, une girafe dans un cinéma (et qui fait usage du passé simple, de surcroît), ça ne court pas les rues, comme me le faisait remarquer l'ouvreur, qui, du coup m'avait consenti le tarif chômeur. Sa seule exigence était que je m'asseye au dernier rang pour ne pas gêner les autres spectateurs. Je respectai donc sa volonté et décidai comme je l'évoquais à l'instant de me tenir à carreau, ce qui, pour un animal tacheté de mon espèce, est une certaine gageure.
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos chevaux, vu la place prépondérante de cet animal dans le film qui nous intéresse. Je n'ai jamais vraiment compris cette fascination des humains pour ces bêtes de trait, courtes des cervicales, qui, certes, courent vite, mais demandez-leur donc de détacher une feuille d'acacia à 4,50m de hauteur... passons. Je n'ai jamais été très attirée, entre autres pour cette raison, par les westerns, mais là, je dois dire que j'ai trouvé d'autres attraits à ce monument de la virilité. Je n'avais jamais vu autant de testostérone sur un écran de cinéma. Comme le nom l'indique, ils sont sept, mais la décharge hormonale androgène éclabousse chaque plan. Prenez Yul Brynner, avec sa voix caverneuse et son déhanché sibérien, par exemple. Quand je pense que mes camarades mâles pensent prouver leur masculinité par la couleur de leur pelage... cet homme est chauve mais il fait plus d'effet que le dos nu de Guy Marchand dans Nestor Burma (oui, avant de retourner au cinéma, j'ai beaucoup regardé la télévision française dans les années nonante). N'allez pas croire que mon intérêt pour ce film n'ait été que sensuel... J'ai beau être dépressive, je ne suis pas encore désespérée à ce point-là, même si les perspectives de rencontrer une girafe mâle en Loire-Atlantique sont un peu maigres comme me le rappelait récemment mon analyste breton. Mais, il faut bien avouer que la présence côte à côte, flingue contre flingue de Yul, Steve, Charles, Robert, James, Brad et Horst m'a fait vivre des émotions très fortes. Le seul bémol, qui me rappelle pourquoi j'ai toujours évité ce genre cinématographique, est la façon dont les personnages meurent dans la seconde où ils sont touchés par une balle, à part Brad, qui a encore quelque chose à demander à Yul, mais sinon, c'est assez expéditif. Et 55 morts c'est un peu beaucoup pour mes chastes yeux de girafe, psychologiquement un peu fragile. Surtout que, pour un film américain, je m'attendais à voir les sept gaillards galoper fièrement dans le soleil couchant à la fin, et puis non, ils ne sont plus que deux, même Charles Bronson a mordu la poussière, sûrement faute de moustache dans ce rôle.

(girafe média : pas pour les girafons, des images peuvent heurter)

mardi 21 janvier 2014

Introduction au long cou(rs)



je m'appelle papouloula.
je suis une girafe.
j'aime beaucoup le cinéma mais j'ai des lacunes.

en ce moment, ça ne va pas très bien.

mais j'ai trouvé ma thérapie.
je vais rattraper mon retard en cinéma classique et écrire mes chroniques, consultables par toutes les girafes qui le souhaitent.

bonne lecture,
votre papouloula