vendredi 31 janvier 2014

the apartment (la garçonnière)

Je ne voudrais pas que, à ce stade de cet exercice cathartique, vous soyez, mes chers lecteurs, tentés par un jugement hâtif et facile, raccourci intolérable pour celle qui a fait de sa longueur son atout principal. Je ne doute pas que vous donniez raison à mon analyste breton déjà cité qui me reproche ma tendance névrotique à la paranoïa, mais il faut bien reconnaître que l'accumulation des faits est confondante. C'est le cœur léger et les taches alertes que j'allais hier soir me divertir devant un vieux Billy Wilder, qui m'avait tant fait rire avec son "One Two Three". Sans vouloir accuser qui que ce soit, je me dois de constater que la programmation du Cinématographe insiste lourdement depuis quelques films sur certains passages, souvent douloureux, de ma biographie. Sans doute que la présence systématique d'un mammifère de 5,50m perturbe quelque peu le calme des projections, mais de là à me persécuter... Oui, je sais, le Dr. Le Goaper me le répète sans arrêt, je ne devrais pas tout ramener à ma grande personne, mais jugez plutôt. Dans The Apartment, Jack Lemmon, alias CC Baxter - pathétique dans sa tentative d'imiter les mimiques de Jim Carrey - sauve du suicide Shirley McLaine, alias Fran Kubelik, qui avale tout son flacon de somnifères alors qu'elle se trouve dans l'appartement de Baxter. S'en suit une scène interminable de sauvetage par le voisin de Baxter, médecin de son état, qui effectue un lavage d'estomac à la jeune femme, dont aucun détail sonore ne nous est épargné. Coïncidence sur le désespoir d'une jeune femme bafouée dans une métropole occidentale, me direz-vous... moi j'y vois un clin d'oeil démoniaque à mon triste destin. Il m'est arrivé, dans un passé proche sur lequel je ne souhaite pas revenir, car j'ai ma petite pudeur à parler de moi, contrairement à ce que vous pensez peut-être, d'avaler tout une cartouche de tubes de Valium (environ 4000 comprimés) et mon compagnon d'alors, directement responsable de ma condition déplorable, mais dont je tairai ici le nom, pour ne pas nuire à sa réputation (il se reconnaitra aisément, et c'est justice), a dû me pomper le contenu des quatre parties de l'estomac avec un aspirateur, et croyez-moi, le temps que ça remonte jusqu'en haut, il faut y mettre de l'énergie... Bref, il y a certains épisodes douloureux qu'on n'a pas tellement envie de voir portés à l'écran et j'en veux beaucoup à M. Wilder d'avoir insisté sur cet aspect de l'intrigue. Même si je comprends la tentation du sordide et du voyeurisme pour servir de viles arrières-pensées et décrocher un Oscar... Et merci de rallonger un peu plus la durée de ma thérapie...

(girafe média : non !)

3 commentaires:

  1. Pas d'accord, ça n'a rien à voir avec ta vie puisque le sujet central c'est le stress au travail (dossiers de l'écran du mardi 20 mars 1983). A l'époque on se suicidait pour des histoires de fesse(s), aujourd'hui c'est pour des tickets restos. Ok en fait t'as raison c'est un film déprimant.

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  2. Cher Noyel, si j'apprécie particulièrement la pertinence de vos commentaires, je me dois, pour nos lecteurs et notamment ceux du Venezuela, préciser que le 20 mars 1983 était un dimanche. Désolée...

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  3. Ah, une girafe stressée mais précise. Ca fait du bien dans ce monde d'à-peu-près. Des origines germaniques ?

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