Contrairement à vous, les humains, nous, les girafes, ne croyons pas aux fantômes. Pour la bonne et simple raison qu'il est peu probable de trouver une parure de drap de six mètres de long pour se cacher dessous en faisant houhou, alors que mes semblables se manifestent rarement par la parole. En revanche, vous l'aurez compris, les léopards, les félins de toutes sortes, les serpents et les crocodiles, ça nous fait prendre nos pattes à notre cou en moins de deux. C'est donc sans aucune forme d'appréhension que je suis allée voir la version restaurée du chef d’œuvre barock de Brian de Palma, même si l'affiche est pour le moins inquiétante. Mais pour une demoiselle qui, dans ses jeunes années rebelles, tressait elle-même ses bas-résille pour rejouer les grands airs du Rocky Horror Picture Show, il faut bien reconnaitre qu'on est ici en terrain conquis. La même outrance kitsch, le même sens de la parodie avec parfois des similitudes troublantes entre les personnages (du fait du clin d'oeil commun à Frankenstein - on ne saura pas si De Palma avait vu la comédie musicale ou si Jim Sharman s'est inspiré du Phantom sorti un an plus tôt), eh bien oui, je me suis sentie rajeunir, comme si mes taches s'éclaircissaient à nouveau et j'ai dodeliné de la tête tout au long des chansons, ce qui a créé quelques courants d'air et rhumes chez mes voisins de projection. Pour ceux qui finissaient par penser que je fais le fin museau sur tous les grands classiques, je tiens à préciser que, là, je trotte à fond, je tremble avec ce pauvre Winslow, je vibre sur sa musique, bref, comme diraient les girafons, je kiffe ma race. Et puis c'est pas tous les jours qu'on a Faust, Dorian Gray, Frankenstein et Norman Bates dans un même film... Et enfin, Jessica Harper dansant avec ses cheveux lors de son premier passage sur scène, ça donne envie de secouer la croupe dans les allées du Cinématographe... et je ne m'en suis pas privée. Il faut dire que je commence à être une habituée.
(girafe média : youhou !)

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