dimanche 2 février 2014

citizen kane (pareil)

N'allez pas croire, chers lecteurs, que mon inculture est aussi crasse que ça. J'avais déjà vu, dans ma jeunesse, le monument du grand Orson, film mégalomane sur un mégalomane, écrit, réalisé et interprété par un mégalomane, mais qui fait toujours son petit effet. Il se trouve que, de toute l'intrigue, la seule chose dont je me souvenais était la clé, le mystère des derniers mots du héros "Rosebud". Cette réplique culte - souvent injustement attribuée à Terence Hill répondant à son acolyte attitré, qui lui demandait la couleur de la panthère rose de Blake Edwards - m'avait marquée à l'époque de ma première rencontre avec le film et du coup, dès les premières images, je n'étais plus esclave du suspense voulu par M. Welles et pouvais donc me concentrer pleinement sur les mouvements et les angles de caméra, toujours audacieux, ainsi que le montage et l'enchainement des plans. Y a pas à dire, même à ses débuts, il savait s'y prendre le gaillard. Et j'ai eu plaisir à voir qu'en 1941, il obtenait de meilleurs résultats de ses maquilleurs que la plupart des réalisateurs hollywoodiens d'aujourd'hui, toujours très mauvais quand il s'agit de faire vieillir le personnage principal avec le même comédien. D'ailleurs ce compliment n'est valable que pour Orson, car ses partenaires devaient sûrement, par contrat, lui céder la primeur en loge maquillage, tant le talc est visible dans leurs cheveux ou le trait de crayon censé marqué les rides est grossier. Mais je garde tout de même une tendresse particulière pour ce film, qui a le mérite de mettre en scène deux de mes semblables, que l'on entrevoit dans le jardin de la propriété Xanadu, girafes prêtées par le zoo de Los Angeles et qui ont fini boursouflées par les excès d'alcool et de barbituriques, comme quoi nous sommes une population fragile et avec une grande difficulté à gérer la célébrité. Il est intéressant de noter la passion d'Orson Welles si tôt pour les girafes, puisque, plus tard dans le film, son épouse confond une ombre chinoise de coq avec l'animal qui vous parle, quand on connait, comme vous maintenant, l'importance de ma lignée dans la carrière de ce cinéaste (voir ma chronique de touch of evil). Nul doute que nous aurions fait partie de l'arche d'Orson, si celui-ci avait dû affronter un déluge. Tiens, justement en parlant de luge...

(girafe média : excellente prestation de Belinda (1931-1950) et Zulma (1927-1948) au bout de 7mn - tout public)

3 commentaires:

  1. J'espérais un truc avec Winnie l'Orson, ou quelque chose dans ce goût là.
    A propos de blague qui ne font pas rire, j'ai retrouvé la bande annonce, celle avec Francis Perrin :
    http://www.ina.fr/video/PUB3250604024

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  2. Bon, on attend la suite...

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  3. Votre impatience me flatte, mais je ne peux pas aller plus vite que la programmation du cinéma...

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