jeudi 6 février 2014

manhattan (pareil)

"Dans les rues de Central Park, y a des noirs portoricains..."
Pas moyen de me sortir la chanson d'Yves Simon en attendant la séance de Manhattan, dans une salle archicomble. Yves Simon, pour mes lecteurs nés après 1985, est un auteur-compositeur-interprète et écrivain français connu notamment pour ce vers : "Maman on va cueillir des pâquerettes au pays des merveilles de Juliet, nanananananananana nananananananana". Oui, j'aime aussi la chanson française. Mais ce soir, c'est la musique de Gershwin qui restera ce que j'ai préféré de ce film de Woody Allen, je crois que vous aurez compris que je suis une girafe mélomane. Certes, il y a les images noir et blanc et la très belle photo de Gordon Willis mais franchement, entre nous, le gars Woody ne s'est pas trop foulé... Il y a bien sûr quelques dialogues savoureux, aux punchlines mortelles, comme disent les girafons d'aujourd'hui, mais bon ça se regarde le nombril et ça ronronne un peu le pattes d'eph et la permanente. Vous sentez poindre l'amertume sous le voile tacheté de la déception ? J'attendais mieux de Woody, car l'audace de ses premiers films rendaient l’œuvre d'Allen fraiche, contrairement au souffle un peu chargé de ce film, qui, pourtant ne manque pas de bonnes idées scénaristiques. Mais il m'a manqué le côté sulfureux de l'histoire d'amour de Gene Wilder et Daisy (dans Everything you always wanted to know about sex... but were afraid to ask), par exemple, qui reste pour moi un sommet de sa création. Mais je manque forcément d'objectivité, rêvant moi-même de séduire enfin un jour un humain qui n'ait pas peur de passer son bras autour de mon cou... Et voilà que j'entends les trois dames de l'avant-dernier rang, qui n'ont pas remarqué l'ombre longiligne au-dessus de leurs têtes grisonnantes, s'indigner des dérives morales soulignées dans le film : un couple lesbien qui élève un enfant, un homme mûr qui séduit une adolescente... hé les filles, on se détend, on n'est plus en septante-neuf, que diable... Je ressors du Cinématographe un peu chafouine (et fâchée également de la piètre qualité de la copie) et me jette sur mon tupperware de feuilles d'eucalyptus en fredonnant :
"J'ai rêvé New York, j'ai rêvé New York j'ai rêvé New York
New York City sur Hudson".

(girafe média : peut mieux faire)

6 commentaires:

  1. Vu il y a longtemps et c'est vrai que ça ronronne et ce malgré l'absence de Miaou Farrow.
    Si tu as la chance de voir celui sorti juste après, Stardust memories, n'hésite pas, c'est mon préféré.

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  2. une mauvaise copie ? réjouis-toi donc d'avoir eu la chance de voir une des dernières projections 35 mm de ta vie !
    moi, elles me manquent terriblement les rayures, les collures, les brûlures, de quand le cinéma était vivant...
    voir l'avis de Jonas sur la question : http://jonasmekas.com/diary/?p=1696

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    1. Ah, Jonas, il va souvent voir ma cousine Ramona au Bronx...
      https://www.facebook.com/jonasmekas/posts/187402464730382

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  3. a ne manquer sous aucun prétexte : les Contrebandiers de moules-frites, The Thing, Tout ce que le ciel permet... entre autres : c'est un feu d'artifice cette programmation !

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    1. J'ai raté les moules-frites, trop occupée à rouler des fajitas. Je vais tâcher de ne pas manquer les autres. Merci pour ces recommandations.

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